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Le blog de Christophe Vieren

La croissance est terminée !

29 Juin 2012 , Rédigé par Christophe Vieren Publié dans #Ecologie

Pourquoi la croissance, c'est fini ?

 

   Quand dans le communiqué du G20 de juin 2012 est cité 84 fois le mot "croissance", on peut penser que la question mérite d'être posée. Aussi, si vous avez une petite heure à consacrer au sujet, je vous recommande vivement cet article en quatre parties de Jean Gadrey, professeur émérite d'économie à l'Université de Lille1, membre de la commission Stiglitz sur les nouveaux indicateurs de richesse.

   L'article « La baisse tendancielle du taux de croissance » (oct. 2009) se décompose ainsi :

   Et si l'article vous a plu, je ne saurais que vous recommander la lecture de son livre « Adieu à la croissance »  (192 p. 14 €, déc. 2011).

   Je vous invite également à lire l'interview de Dennis Meadows, co-auteur du rapport « Halte à la croissance ? »  établi en 1972. Une actualisation « The limits to Growth - The 30-year update », sortie en 2004, a été traduite en français "Les limites à la croissance" en . . . 2012 ! L'actualisation conforte les projections faites en 1972. Lire l'interview : Nous n’avons pas mis fin à la croissance, la nature va s’en charger et La croissance mondiale va s’arrêter (juin 2012).

   Sinon, prenez 5-10 mn pour lire ce court résumé de l'article de J.Gadrey sus-cité.

   L'article « la baisse tendancielle du taux de croissance » de J. Gadrey en quelques lignes et graphiques.

Premier constat, la baisse tendancielle du taux de croissance de 1950 à 2008 est UN FAIT :

Source : Taux de croissance française de 1950 à 2008, INSEE,

    Remarque : Le taux de croissance est généralement fourni sans tenir compte de l'augmentation de la population. Or ce qui importe ce n'est pas la taille du gâteau (PIB) mais la taille des parts (PIB/habitant, cf. Bonus en fin d'article). Ce qui conduit à accentuer sensiblement la pente, la population française augmentant.

   Ce constat fait, Jean Gadrey fait l'inventaire des causes structurelles :

  1. Importance du secteur des services où les gains de productivité sont de fait limités : on ne peut obtenir des gains de productivité aussi importants que ceux qui ont permis de réduire l'emploi dans l'agriculture (mécanisation, remembrement) et l'industrie (robotisation). D'autant qu'en 2012, des gains substantiels ont déjà été atteints grâce à l'informatisation et la mise en réseau (collecte de l'information). Comment augmenter la productivité d'un enseignant, d'un soignant, d'un travailleur social, d'un conseiller, . . . Plus crûment : à quand l'enseignant ou le médecin robot ?

  2. Renchérissement du coût de l'énergie (hydrocarbures) et des ressources naturelles (minerais, ...) : le prix du pétrole a été multiplié par un facteur deux à trois depuis 1975 pour des raisons politiques (OPEP). Le pétrole a passé son pic de production autour du milieu des années 2000. Ce fait physique conduit à une tendance haussière durable du prix du baril jusqu'à un niveau voisin des autres sources d'énergies, renouvelables (photovoltaïque, renouvelable, biomasse, …) ou non (pétrole non conventionnel, sables bitumineux, gaz de schistes …) ;Prix pétrole 1861-2005 BP-2007

   Ainsi il faut désormais faire mieux avec moins alors que durant les trente glorieuses l'on a fait mieux avec plus : de 1945 à 1980, multiplication par CINQ de la quantité de pétrole par habitant au niveau mondial puis, après une diminution de 20%, le niveau stagne depuis 1985. Probablement baissera-t-il encore étant donné l'accroissement de la population mondiale.

   Rajoutez à tout cela 40 ans de vie à crédit (dettes publiques et privées) et une dette écologique (changement climatique, effondrement de la biodiversité, . . . ) sur laquelle nous ne pourrons faire défaut, et il n'y a plus qu'à espérer le retour de Jésus !

   Et à ceux qui penseraient que la France décline(rait) à cause des 35 h, des dépenses publiques, de l'immigration, des minima sociaux, des allocations familiales, des fraudes aux prestations sociales, de trop-de-fonctionnaires, des grèves, de la fiscalité, des allocations chômage, des rigidités du contrat de travail, de la retraite à 60 ans, . . . ,  je propose le graphique suivant : il met en évidence la baisse tendancielle du taux de croissance de quatorze pays représentatifs de l'OCDE de 1962 à aujourd'hui. Notons que certains ne sont pas des exemples en terme de justices, sociale et économique.

   Au point de vue mondial, l'OCDE dans son rapport Horizon 2060 : perspectives de croissance économique globale à long terme (2012), écrit à la page 8 : " De plus de 7 % par an pendant les dix dernières années, la croissance des pays hors OCDE tombera aux alentours de 5 % dans les années 2020 puis à environ la moitié de ce taux à l'horizon 2050, tandis que la croissance tendancielle de la zone OCDE s'établira autour de 1,75% à 2,25% par an en moyenne."

   Si ce résumé personnel ne vous convainc pas alors lisez les quatre parties de l'article « La baisse tendancielle du taux de croissance » (J. Gadrey, oct. 2009) :

   Le graphique ci-dessous synthétise les tendances prédites dans le rapport Meadows en 1972 (courbes en pointillés) et observées depuis (courbes continues) sur la période 1970-2000.

   Confondant, non ?

    Espérons que l'humanité réagira avant l'effondrement prévisible d'ici 10 à 20 ans. À (à moins qu'il n'ait commencé en juillet 2007 avec la crise des subprimes, la chute de Lehman Brothers , . . ..

   À la date de cet article le sommet de la Terre Rio+20 vient de se terminer en retrait sur les engagements du premier sommet de la Terre de Rio en 1992, c'est à dire sur . . . RIEN !

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Bonus 
: autre présentation de la baisse tendancielle du taux de croissance, par décennie et par habitant, par Olivier Berruyer de l'excellent blog Les Crises :

Et maintenant, si vous y croyez encore un peu, je vous invite à entonner avec La Parisienne Libérée, cette prière à la croissance :

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