Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le blog de Christophe Vieren

Préjugés sur le travail, le chômage et la retraite

18 Mai 2012 , Rédigé par Christophe Vieren Publié dans #Prejuges_et_stigmatisation

Quatrième d'une série d'articles démontant les préjugés sur la pauvreté, l'assistanat, l'immigration, les Roms, . . .

4) Sur le travail, le chômage et la retraite

4-1) « Les pauvres ne veulent pas travailler » 

FAUX ! Les études convergent : 64 % des chômeurs interrogés dans huit pays européens déclarent qu'ils veulent retrouver un emploi, même si cela ne leur procure pas un gain financier, alors que seuls 48 % des personnes déjà en emploi déclarent vouloir conserver leur travail dans une telle situation (source : étude coordonnée par Duncan Gallie en 1999, citée par Jean Gadrey).

 

   L'enquête « L'influence des incitations financières sur le retour à l'emploi des bénéficiaires de minima sociaux » (pdf) (Direction Générale du Trésor, 2009) montre bien que la valeur accordée au travail et la volonté d'assurer le meilleur avenir possible aux siens conduisent la plupart des bénéficiaires à accepter la reprise d'un emploi, même sans gain financier immédiat. Les principaux freins évoqués pour la reprise d'un travail sont le manque d'emplois, de moyens de transport, de formations adaptées, de modes de garde accessibles, etc.

4-2) « Il y a des pauvres qui veulent s'en sortir et d'autres qui ne veulent pas »

FAUX ! Personne n'accepte de vivre dans la misère. La distinction entre « bons pauvres » et « mauvais pauvres » traverse toute l'histoire de la pauvreté ( lire Paul Christophe). Cette distinction est surtout le reflet de l'impuissance de l'action publique ou de son manque de volonté de s'attaquer vraiment à la pauvreté. Faute de quoi, on s'attaque aux pauvres : c'est plus facile !

4-3) « Les bénéficiaires du RSA ne font pas d'efforts réels pour chercher du travail »

FAUX ! La plupart des bénéficiaires du RSA ont l'obligation de chercher un emploi, sous peine de diminution ou suspension de l'allocation.

4-4) « Si on veut vraiment travailler, on trouve »

FAUX ! Dans l'état actuel du marché de l'emploi (entre 3 et 5 millions de chômeurs en 2012, selon la catégorie considérée), tout le monde ne PEUTpas trouver du travail : le nombre d'emplois vacants (offres) est très inférieur au nombre de chômeurs (demandes). En outre, certaines personnes restées depuis longtemps sans travail ont besoin d'être particulièrement soutenues pour revenir à l'emploi. 

 

Quelques chiffres :

  •   Le chômage coûte, chaque mois, 2,2 milliards d'euros à l'Unedic (source : rapport du Sénat, 2011) ;
  •   Les plus pauvres cotisent comme les autres pour leur retraite, mais perçoivent moins de retraite dans la mesure où leur espérance de vie est moins importante (cf. 6) ;
  •   Taux de chômage chez les 16-25 ans : 8,7 % chez les bac+2, et 35 % chez les non-diplômés (source : "L'insertion des jeunes sans emploi", pp. 36-37, CERC). Le taux de chômage des 15-29 ans était, en 2009, de 29,5 % en zone urbaine sensible et de 16,9 % en moyenne nationale (source : "Emploi et chômage des 15-29 en 2009", Analyses, oct. 2010, N°72, p. 1, DARES).

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article