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Le blog de Christophe Vieren

Y a-t-il une corrélation entre dette publique, dépenses publiques et prélèvements obligatoires ?

30 Novembre 2012 , Rédigé par Christophe Vieren Publié dans #Dette publique

   Ce 1ergraphique représente le niveau de dettes publiques en fonction du niveau de dépenses publiques dans l'Union Européenne à 27, relativement au PIB. Il s'agit de l'année 2008. La crise bancaire et financière de 2008 a modifié quelque peu la donne mais pas significativement sur l'ensemble des pays.


Corrélation dettes publiques 2008 vs Dépenses publiques 2
   La corrélation semble peu significative. On constate en particulier que la Suède et le Danemark présentent les niveaux de dépenses publiques les plus élevés et les dettes publiques parmi les plus faibles. À l'inverse, la Grèce présente un niveau de dépenses publiques relativement faible et une dette particulièrement élevée. Les pays aux plus faibles niveaux de dette et de dépenses publiques sont, à l'exception du Luxembourg, paradis fiscal, des pays peu développés (Bulgarie, Estonie, Lettonie, Lituanie, Roumanie, Slovaquie). 

   Le 2egraphique représente le niveau de dettes publiques en fonction du niveau de prélèvements obligatoires dans l'Union Européenne à 27, relativement au PIB. La crise bancaire et financière de 2008 a modifié quelque peu la donne mais pas significativement sur l'ensemble des pays. Les prélèvements obligatoires représentent l'essentiel des recettes publiques.

Corrélation dettes publiques 2008 vs TPO 2007 UE27 - Euros
   La corrélation semble peu significative également. On constate là encore que la Suède et le Danemark présentent les niveaux de dépenses publiques les plus élevés et les dettes publiques parmi les plus faibles. À l'inverse, la Grèce présente un niveau de prélèvements obligatoires relativement faible et une dette particulièrement élevée. Les pays aux plus faibles niveaux de dette et de dépenses publiques sont, à l'exception du Luxembourg, paradis fiscal, des pays peu développés (Bulgarie, Estonie, Lettonie, Lituanie, Roumanie, Slovaquie)). 

   Rien de bien surprenant à ces constats : la dette publique représente la somme des dettes annuelles cumulées. Les dettes annuelles sont la différence entre recettes - essentiellement constituées des prélèvements obligatoires - et dépenses publiques. Elles sont donc indépendantes des niveaux de recettes et dépenses publiques mais uniquement de l'égalité entre ces deux quantités.

   Concernant les recettes publiques, si la TVA en constitue la principale, l'impôt sur les revenus, du travail et du capital, n'en est pas moins négligeable lorsque la proressivité est effective. Hélas, ce n'est plus une réalité dans nombre de pays depuis une trentaine d'années.

   Concernant la France, l'ensemble des prélèvements obligatoires est très légèrement progressif (90% les revenus les plus faibles), voire franchement dégressif pour les très hauts revenus (1% des revenus les plus élevés), comme l'atteste les travaux de Piketty &Co résumés par ce graphique reproduit ci-dessous.

 

Systeme imposition peu progressif decomposition par impotsSource du graphique : http://www.revolution-fiscale.fr/le-systeme-actuel/des-impots-progressifs-/12-un-systeme-faiblement-progressif-decomposition-par-impots-

   Et pourtant, la plupart des pays de l'OCDE ont connu, durant les Trente glorieuses, une imposition sur les revenus bien plus progressive, comme l'atteste le graphique de ce billet : Cassez-vous, très riches cons !

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Mots-clés : corrélation, lien, relation cause à effet

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