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Le blog de Christophe Vieren

Trop de fonctionnaires en France ! Vraiment ?

2 Octobre 2014 , Rédigé par Christophe Vieren Publié dans #Prélèvements obligatoires & Dépenses publiques

La France souffrirait de son obésité administrative, laquelle serait une des causes de l'ampleur de ses dépenses publiques. Voyons voir !

     Certes, si l’on peut réduire la bureaucratie, faisons-le. Mais ne prêtons pas à cette réduction des vertus exceptionnelles, n'en faisons pas une solution miracle à tous nos problèmes !

    Qui dit bureaucratie, pense - à tort  - fonctionnaires.

    D'où la première précision utile : il ne faut pas confondre "fonctionnaires" et "emplois publics". Les premiers sont des agents d'une des 3 fonctions publiques (d'état,  territoriale ou hospitalière). Si ils ont la chance d'être titulaires de leur  poste, ils ont alors le statut de fonctionnaire, et le privilège de la sécurité de l'emploi. En effet, comme le privé, la fonction publique est grande pourvoyeuse de CDD et emplois précaires (près de 20%).

    Cela dit, comparons le taux d'emplois publics et leur coût dans les pays de l'OCDE.

    En 2008, l’Allemagne avec 55 emplois publics pour 1.000 habitants, se situe avec le Japon, dans le bas de la fourchette des pays de l’OCDE, avec 6 points de PIB sous la moyenne.

     En 2008, la France, avec un point au dessus de la moyenne des pays de l’OCDE, se situe avec 88 emplois publics pour 1.000 habitants, dans le haut du tableau, au même niveau que le Royaume-Uni. Loin derrière les quatre pays scandinaves dont les trois premiers sont entre 140 et 160, le 4e à 115.

Taux d administration pays OCDE-1993-2008 CAS-2010-copie-1.Source du graphique : Tableau de bord de l'emploi public, Comparaisons internationales, p. 8, déc. 2010.

    L’écart entre ces deux pays “extrèmes” représente 7 points de PIB, soit 2.100 € par français et par an. Certains jugeront que c’est trop, certains que c’est acceptable. Tout dépend de la manière dont chacun estime le service rendu par ces employés.

Part remuneration publique dans PIB-pays OCDE-2008 CAS-2010

    Pour mémo : en 2010, le revenu moyen avant impôt des Français était  de 33.000€ par adulte et par an (2.800€ par mois).

    Et bien sûr, tous ces emplois sont loin d'être des emplois "bureaucratiques" :  les enseignants, des bureaucrates ? Les personnels soignants des hôpitaux publics, des bureaucrates ? Et les conseillers de pôle emploi ? Et les chercheurs du CNRS ? …

    Quoi qu'il en soit " En France, comme dans la plupart des pays de l'OCDE, les dépenses de rémunération du personnel représentent entre 10 % et 12 % du PIB ", précise le Conseil d'Analyse Stratégique.

    Bonus : La vérité sur les fonctionnaires et les enseignants en 5 points et 10 lignes !

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Note : En 2008, 5,2 millions d'emplois publics dont 2 millions de fonctionnaires d’Etat  et 1,4 millions de fonctionnaires territoriaux (conseil régionaux, généraux, municipalités, ...). Le reste, soit 1,8 million, se ventile sur les Etablissements publics administratifs (EPA) non marchands ou de droit particulier : hôpitaux publics, ANPE, CNRS, Caisses nationales de Sécu, ... 4,4 millions, dont seuls 80% sont titulaires et disposent donc de la sécurité de l'emploi.

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Sources :

* Les dépenses publiques en Allemagne : d’où proviennent les écarts avec la France ? (VI et fin). Eléments de synthèse, Arnaud le Chevalier, Alternatives Economiques, 2011.

* Tableau de bord de l'emploi public : situation de la France et comparaisons internationales, Synthèse, CAS, 2010.

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Benoît 13/02/2015 17:07

Il faut ajouter à ce que j'écrivais que les services publics me semblent aussi souvent trop sclérosés par un esprit de solidarité très paradoxal. Il est hors de question de poser la question de l'utilité de ces emplois dont certains correspondent à des coquilles presque vides. Je le vois à l'Université. Ce sont des contractuels, des "jetables", que l'on surcharge de travail, en leur faisant miroiter une possible titularisation et en les traitant avec mépris. C'est une attitude fréquente dans le corps professoral, même si elle ne doit pas être généralisée. Pour ma part, je suis assez dégoûté de la fonction publique pour ces raisons, alors que je suis profondément convaincu de la beauté de la tâche de l'enseignant public. Seulement, en tant que contractuel, on me demande souvent de faire autre chose que mon métier, parfois même on me confie des tâches administratives que je ne devrais pas faire. Il semble que certains responsables prennent aussi un malin plaisir à faire endurer cela à des jeunes qui pourraient leur faire de l'ombre et se délectent de ces dysfonctionnements.

Christophe Vieren 13/02/2015 17:29

Que "certains responsables prennent aussi un malin plaisir à faire endurer cela à des jeunes qui pourraient leur faire de l'ombre et se délectent de ces dysfonctionnements." est une évidence. C'est le travers de toute communauté humaine, à commencer par la plus petite qui soit : la cellule familiale. Au delà des beaux discours sur l'égalité homme-femme que certains appellent de leur voeux, elle est parfois loin de la réalité de leur foyer. Ce genre de travers se retrouvent dans la fonction publique et probablement -si ce n'est plus - dans les entreprises privées. Comment éviter cela ? La syndicalisation ? La stricte limitation des contractuels à des besoins temporaires (la fonction publique est un des plus grand pourvoyeurs d'emplois précaires) ? Ou au contraire la fin du statut de titulaire ? Pas simple, dans la fonction publique comme ailleurs !

Benoît 13/02/2015 14:44

Bonjour, en fait la situation est hétérogène. Prenons les Universités: il y a un ou une secrétaire administratif (ve) à chaque bout de couloir et, pour y être enseignant, il me semble qu'il y en a beaucoup trop par rapport au travail à faire. En revanche, le personnel de recherche et d'enseignement est débordé et insuffisamment reconnu. Les vacataires sont payés avec un lance pierre alors que leur contribution est importante pour le fonctionnement du service public. L'Université roule avec des vacataires qui font cela en espérant mieux un jour et emploie des gens parfois inemployables bien mieux payés pour faire bien peu dans les services administratifs. Tout cela pour éviter le chômage mais au final, c'est le contribuable mal informé qui se fait berner et les fonctionnaires en général qui subissent les critiques et les bas salaires pour ceux qui ont une qualification réelle.

Christophe Vieren 13/02/2015 15:11

Bonjour Benoit, J'aimerais pouvoir comme vous pouvoir généraliser le constat que vous faite de personnels administratifs surnuméraire à partir de ce que peux voir dans les quelques services de l'Université que je fréquente. Il est vrai qu'avec l'avènement des outils informatiques, il est désormais plus facile pour un enseignant chercheur de se passer des services des administratifs : quid de l'imprimeur remplacé par la photocopieuse de couloir ? De l'édition de documents tels aux poly d'enseignements, articles de recherche, ..... N'est-il pas du devoir des enseignant/chercheurs de plus sous-traiter même si l'on est jamais jamais si bien servi que par soi-même ? Que faire de ces administratifs qui ne retrouveront pas d'emploi dans le privé eu égard à l'automatisation universelle de leurs compétences ? Faut-il les pousser en "préretraite ? N'y a-t-il pas un effort conséquent de formation continue à leur proposer avec des promotions à la clé ? Combien finiront catégorie C, payés à peine plus que le smic ? Pas simple tout cela. Aidons, incitons, ... les décideurs de toutes ces administrations à la reconversion de ces agents en utilisant si possible la carotte plutôt que le bâton, dans la mesure où ces agents ne trouveront pas d'emploi dans le privé. Et si tant est que certains en trouveraient, ils prendraient l'emploi potentiel de chômeurs.