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Le blog de Christophe Vieren

Qu'est ce que la partie illégitime de la dette ?

13 Avril 2012 , Rédigé par Christophe Vieren Publié dans #Dette publique

  France : qui paye la dette et à qui profite le crime ?

 

  Environ 70 % des créances sur les dettes publiques sont possédées par les 10 % les plus riches de la population, qui touchent donc 70 % des intérêts.

 

   Le budget 2011 de la France c'est en gros 200 Md€ de recettes, 290 Md€ de dépenses dont près de 60 Md€ d’intérêts (Merci Giscard et ta loi « Rothschild de 1973 !)

 

  L’impôt étant assez peu redistributif (nettement moins que l’écart de patrimoine), on comprend donc, que le système de la dette publique enrichit les plus riches au détriment des plus pauvres, lesquels payent des impôts sans avoir de patrimoine financier rémunéré.

 

  Ce premier graphique, illustre le fait que ce sont les neuf premiers déciles (barres rouges) qui globalement remboursent la dette au dernier décile (les trois barres vertes)



charge-nette-dette-par-decile-france-2010-O-Berruyer-perte.jpg

Selon que l'on est dans une des trois parties de ce dernier décile (90-95%, 95-99% et 99-100%), bien évidemment l'on y gagne plus ou moins.

 

 

Dans ce deuxième graphique, est estimé le pourcentage des revenus consacrés au remboursement de la dette.

charge-nette-dette-en---revenus-par-decile-france-2010-O-B.jpg

   Comme indiqué, les 90% les plus pauvres perdent 2,5% de leur revenus (de-3,9% à -1,5%) pour améliorer de 3,5% les revenus des 5% les plus riches !

 

    En résumé : baisse des impôts des plus riches depuis 30 ans => plus d'épargne pour les plus riches => plus de revenus financiers pour ces derniers qui s'enrichissent = > encore plus d'épargne pour ces encore plus riches => encore plus de revenus financiers ….

 

   Durant ce temps là les pauvres sont toujours plus pauvres, et comme crise et inégalités sont indubitablement liées.

 

   Cela risque donc de durer, un moment je vous le dis ! Au moins tant que la loi Rothschild ne sera pas abrogée, c'est à dire le Traité de Maastricht et de Lisbonne.

 

   Mais cela ne saurait être suffisant : il faut mettre en oeuvre d'autres solutions . Et chaque jour qui passe, c'est notre argent qui disparaît au profit de qui vous savez maintenant.

 

   Pour en savoir plus lire l'article d'Olivier Berruyer : Perte du Triple A : origine et conséquences

 

crisenuls

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Christophe Vieren 20/09/2012 09:20


@Fab : les deux pistes sont en effet celles-là :


1) Augmentation de la progressivité des impôts sur les revenus, financiers en particulier ;


2) Le défaut à partir d'un certain plafond d'obligation et/ou des revenus et/ou par monétisation car plus insidieux donc moins doulouerux pour les concernés) ;


Les deux sont recevables et comme elle ne sont pas exclusives, la bonne dose de chaque est à trouver et peut-être adaptée année après année.


Une chose est sûre, rembourser la dette nécessitera du temps, et durant ce temps les intérêts courent. Combien de fois aurons-nous remboursé la dette de nos "ancètres" si cela met a
minima quelques décennies (si tout va bien) ? Mais surtout, quel pays osera commencer ?

fab78 19/09/2012 23:07


Aprés un copié collé, J'ai ajouté une ligne blanche et le mot "cordialement".


Et l'éditeur a beugué.


Le mot cordialement, devait être à la fin, bien entendu.

fab78 19/09/2012 23:01


   Bonjour,


 


   Quand j'entends parler de faire varier le taux de défaut sur la dette en fonction du revenu, ça me fait exactement penser à l'impot sur le revenu.
   Pourquoi compliquer les choses ainsi ?
   Pourquoi ne pas demander une augmentation de l'impot sur le revenu pour rembourser la dette ?
   Pourquoi on ne taxerait que les riches qui ont avancés de l'argent à l'état, et pas les autres ?


Cordialement.
   Il n'y a pas de dette illégitime, il n'y a qu'une dette possédée par des hauts revenus.
   Je ne suis ni pour, ni contre, mais c'est pour la clarté des idées.


   Pour le jour où on sera Obligé de le faire:
   1/ Augmentation de l'impot sur le revenu.
   2/ Un peu monétisation directe pour contrer l'effet déflationiste de la hausse d'impot.


 


 

Christophe Vieren 05/09/2012 21:01


J'aimerais que tu ne te limites pas seulement à la seul "solution" de l'abrogation de l'article 123 du traité de Lisbonne, mais à l'ensemble des solutions, et de la stratégie, pour y arriver
proposé à la fin de l'article via le lien sur l'article de Jean Gadrey. Je te propose d'y laisser des commenatires ainsi Jean Gadrey, économiste hétérodoxe de gauche - et que, le connaissant
personnellement depuis de longues années, je ne doute pas un instant de sa sincérité et sa probité - pourra lui-même te répondre.   

chris06 05/09/2012 17:26


ce que j'essaye de t'expliquer c'est que ce n'est pas en abrogeant l'art.123 (ex loi de 73) qu'on résoudra les problèmes mais qu'on crééra des encore plus grands.


Quand au défaut, bien sûr que la méthode a de l'importance, j'ai pas trop envie de me retrouver dans une société où le système monéatire et bancaire ne fonctionne plus. Toute la question est là,
comment organiser un défaut en évitant une faillite systémique et le chaos inimaginable qui en résulterait.


Je suis plus exigeant que toi, je ne me satisfait pas des fausses solutions qui ont l'air jolies mais dont les conséquences seront bien pires que ce qu'on a actuellement.


Pour le moment, la seule piste qui me parrait intelligente c'est celle du Prof. Steve Keen, ce qu'il appelle un "modern debt jubilee" (un défaut oui, mais pas n'importe comment). je te
chercherais le lien si ça t'interresse. Dommage qu'en France en on soit encore a ignorer le problème (PS UMP) ou se perdre dans des fausses bonnes solutions comme celles du FdG ou du FN. 

Christophe Vieren 05/09/2012 20:44



Je suis bien sûr preneur de la solution de ce M. Keen. Mais je doute qu'il faille aller chercher dans le monde anglo saxon la solution. Il ne manque tout de même pas (de collectif) d'économistes
de gauche, n'ayant pas de prétention électoraliste (sans démagogie ou promesse intenable) pour faire des propositions censées. Celles d'Attac ou la fondation Copernic, par exemple me semble tout
à fait recevable. Le reste est un choix plus politique que technique. 



christophe Vieren 05/09/2012 14:42


Je ne sais pas si j'ai compris ce que tu tentes de m'expliquer. Je crois cependant avoir compris qu'une dette peut ne pas être remboursée totalement. Après, la méthode m'apparait secondaire. Et
il ne me semble pas scandaleux, ni même très dangeruex, qu'il ne faille pas attendre d'être dans la situation qu'était l'Argentine ou la Grèce pour faire défaut, de manière explicite ou pas. De
toutes façons nous NE POURRONS JAMAIS REMBOURSER LA TOTALITE DE CETTE DETTE sauf à envisager de le faire sur plusieurs décennies et de faire payer les plus démunis.


Aussi, autant tout de suite envisager cette solution car plus l'on tarde et plus on y aura laissé des plumes, quand je dis on, ce sont tout ceux à qui le défaut rapportera plus (utilisation des
impôts destinés à rembourser la dette à des choses plus utiles pour eux : restations sociales, ....) qu'il ne coûtera (manque à gagner des intérêts de leur obligation, voire perte  d'une
partie de leur capital).


 

chris06 05/09/2012 14:22


Tiens, j'avais pas vu que tu avais répondu... voici mes réponses, mieux vaut tard que jamais.


 


Primo, je ne suis pas inquiet pour mes obligations, je n'en ai pas un seule.


 


Secundo, sur les deux articles de Natixis, ils n'ont aucun rapport avec ce dont je parlais plus haut.


 


Ce qu'Artus appelle "monétisation directe" c'est le fait que la banque centrale acquière des titres de dette publique sur le marché secondaire et les mette à son bilan, comme le font la FED et,
dans une moindre mesure, la BCE (qui privilégie ce qu'il appelle "la monétisation indirecte", c'est à dire que ce sont les banques commerciales qui mettent les titres de dettes publique à leurs
bilans).


 


La FED, quand elle achette des titres de dette publique US et les mets à son bilan, le fait toujours sur le marché secondaire, (ou open market, en anglais) pour la simple raison qu'il lui est
expressément interdit de le faire autrement (cf Federal Reserve Act section 14 b).


 


Et c'est la même chose pour la BCE, l'art.123 de Lisbonne lui interdit également d'acquérir directement auprès des émetteurs publics les titres de leur dette mais l'oblige à passer par le marché
secondaire quand elle le fait (cf programme SMP de la BCE).


 


Ce que j'essaye de t'expliquer plus haut, c'est pourquoi cette interdiction coule de source, mais visiblement tu n'as toujours pas compris ce que j'essaye de t'expliquer. 

Christophe Vieren 05/05/2012 23:37


Je n'ai pas parlé de défaut total. Or donc il est possible identifier ceux qui ont fait une épargne de "bon père de famille", une épargne de précaution, abusé par les banques et surtout selon le
niveau de patrimoine qu'il détienne. On peut très bien par exemple garantir un seuil de capital pour ne pas flouer ces "bons pères de famille".

Patrick Luder 05/05/2012 20:58


Salut Christophe,


Il ne faut pas oublier qu'en cas de défaut c'est ceux que tu accuses de s'en mettre plein les fouilles (les détenteurs de la dette d'Etat) qui morfleront le plus en cas de défaut ...


Amicales salutations !   Patrick Luder

Christophe Vieren 26/04/2012 09:26

@Chris06 : à ton copier coller d'une réponse sur un autre forum, je te propose ces deux copier-coller extraits de deux notes de Patrick Artus, chef économiste chez Natixis, à quelques semaines
d’intervalle.
_____________________________
Le premier : http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=55914

Est-il mieux que les Banques Centrales monétisent directement les dettes publiques, ou qu’elles favorisent une monétisation indirecte par les banques ?

[...]

Au total, la monétisation indirecte par les banques nous parait beaucoup plus dangereuse que la monétisation directe par les Banques Centrales, ce qui est évidemment l’opposé de l’opinion de la
BCE.

_____________________________
Le deuxième : http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=56172

Pourra-t-on éviter une monétisation durable et complète des déficits publics dans les pays de l’OCDE ?

[...]

En raison des coûts très élevés des autres solutions, il est possible que cette solution de monétisation perpétuelle soit finalement adoptée, y compris dans la zone euro (ce qui y serait une forte
rupture). Elle a bien sûr des inconvénients majeurs : détournement de l’épargne mondiale, création monétaire excessive et bulles sur les prix des actifs, dans le très long terme hyperinflation.

[...]

Si :
l’inflation domestique ne revient pas ;
l’effort budgétaire nécessaire pour stabiliser le taux d’endettement public n’est pas réalisable ;
un défaut serait trop coûteux ;

la seule solution est une monétisation complète et durable des déficits publics qui permet aux pays en difficulté de ne pas rétablir leur solvabilité.

L’Europe devrait alors “oublier ses règles” : achats massifs et durables de dettes souveraines par la BCE par exemple.

==============================================

Christophe Vieren 25/04/2012 20:55

Ouh, la, la. J'en sens un qui est terriblement inquiet pour ses obligations !

chris06 21/04/2012 00:54

Mais bien sûr, on a qu'a abroger la loi de 73 ou l'art.123 du traité de Lisbonne... comme ça on pourra "emprunter" directement à la BCE et économiser le service de la dette.

Dire qu’on va emprunter à la BCE pour financer les besoins de l’Etat c’est exactement la même chose que dire qu’on va rembourser toute la dette qui est due dans les années qui viennent plus tous
les déficits à venir par création monétaire, (autrement dit en faisant tourner la planche à billets).

En utilisant le vocable de la FED, c’est la même chose que d’annoncer un QE de minimum 8000 milliards d’euros et de maximum illimité.

Il n’est pourtant pas bien compliqué de comprendre quel serait l’effet d’une telle annonce: très rapidement, l’euro ne vaudrait strictement plus rien.

Tu ne me crois pas?

Ok, on va y aller pas à pas…

Imaginons que le FdG gagne les élections.
Imaginons que le nouveau gouvernement de la France arrive à convaincre les autres gouvernements de l’eurozone d’annuler d’art.123 du traité de Lisbonne et que dorénavant, ils ne passeront plus par
les marchés pour financer leurs besoins mais “emprunteront” directement à la BCE.

Comment feront ils pour rembourser les 8000 milliards de dettes publiques existantes (les obligations déjà émises par le passé) qui sont dues dans les années à venir (vu que la durée de maturité
moyenne des obligations existantes est d’environ 8 ans cela veut dire qu’il s’agit de rembourser environ 1000 milliards par an)?

Même en supposant qu’ils ne remboursent pas les intérêts (ce qui s’appelle un défaut, mais ce n’est pas grave, tant qu’on y est…) comment font ils pour rembourser le principal, c’est à dire les
8000 milliards?

Vu qu’ils n’émettent plus d’obligations sur les marchés (avec lesquelles ils font “rouler” la dette), ils “emprunteront” cette somme à la BCE (qu’ils rembourseront par “destruction monétaire” comme
vous dites, quand? comment? c’est pas grave!).

En ce qui concerne les déficits pour 2012 et les années à venir, même chose, c’est facile, ils emprunteront les sommes nécessaires à la BCE (qu’ils rembourseront par “destruction monétaire”, quand?
comment? c’est pas grave!).

Tu comprends, maintenant, pourquoi tout ceci n’a strictement aucun sens????