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Le blog de Christophe Vieren

Préjugés sur la sécurité sociale et la santé

18 Mai 2012 , Rédigé par Christophe Vieren Publié dans #Prejuges_et_stigmatisation

Sixième d'une série d'articles démontant les préjugés sur la pauvreté, l'assistanat, l'immigration, les Roms, . . .

6) Sur la Sécurité sociale et la santé

6-1) « Les pauvres sont des fraudeurs »

FAUX ! La fraude aux prestations sociales est évaluée à environ 3 Milliards d'€ dont 90% sont récupérés. Elle concernerait 1 % des particuliers.
  Pour la branche famille : " Une  part  importante  de  ces  montants,  selon  ces  mêmes estimations,  aurait  cependant  été  détectée  et  les  indus  correspondants récupérés pour la plus grande part : le préjudice financier final lié aux  fraudes  serait  donc  plus  limité,  de  l’ordre  de  170 Millions d'€  selon  les estimations de la Cour, à partir des données de la CNAF".
Source: rapport Cour des comptes 2010 sur la sécurité sociale : la lutte contre la fraude aux prestations sociales dans le régime général).

 

   La CNAF estime le taux de fraude à 0,46 % pour les prestations familiales, 3,1 % pour l'API (Allocation Parent Isolé), 3,6 % pour le RMI-RSA (source : AFP, 29 avril 2010).

 

Mais n'est-ce pas l'arbre qui cache le forêt ? Voyons voir :

  • la fraude aux prélèvements sociaux est évaluée entre 8 et 12 Milliards d'€ et concernerait 10 % des entreprises (source : Conseil des Prélèvements Obligatoires, 2007)
  • la fraude fiscale est évaluée entre 20 et 25 Milliards d'€ par le Conseil des prélèvements obligatoires, à 30 Milliards d'€ par la Direction du Budget, ou encore à 50 Milliards d'€ par la Commission Européenne (2005).

6-2) « Les bénéficiaires de la CMU en profitent pour faire des soins de confort dont ils n'ont pas vraiment besoin »

FAUX ! La CMU est très restrictive. 

 

En vidéo (3'30") : Jean-François Chadelat, directeur du Fonds CMU, démonte des idées fausses sur la CMU

6-3) « Grâce aux bons CAF, les enfants des familles défavorisées ont un accès normal à la culture, au sport, etc. »

OUI et NON ! Ces aides sont appréciables, mais elles nécessitent un financement complémentaire plus ou moins important par les familles. Et il faut anticiper les besoins pour faire les demandes à temps.

6-4) « Grâce à la CMU, à la CMUC et à l'ACS, tout le monde bénéficie d'une protection santé satisfaisante. »

FAUX ! En 2008, 1,5 million de personnes, sur les 6 millions de bénéficiaires potentiels, ne disposaient pas de la CMU. Au 31 décembre 2010, une étude du Fonds CMU estimait que le nombre de personnes n'ayant pas recours à la CMU-C (CMU complémentaire) était de plus de 20 %.

 

   Pour l'aide à l'acquisition d'une complémentaire santé (ACS), le taux de non-recours est de 80 %. Par ailleurs, en 2008, 22 % des bénéficiaires de la CMU-C déclaraient avoir renoncé à certains soins pour des raisons financières au cours des 12 derniers mois (source : "Étudier l'accès aux soins des assurés CMU-C, une approche par le renoncement aux soins", Boisguérin et coll., Santé, Soins et protection sociale en 2008. Paris : IRDES, 2010/06, 31-40).

6-5) « Pour ce qui est de l'espérance de vie en France aujourd'hui, nous sommes relativement égaux. »

FAUX ! A la fin des années 1990, un ouvrier ayant 35 ans vivra encore en moyenne 39 ans, un cadre 46 ans et un chômeur 28 ans.

 

   Ces inégalités d'espérance de vie sont croissantes en France (source : « Les différences sociales de mortalité : en augmentation chez les hommes, stables chez les femmes », Monteil C., Robert-Bobée I., 2005, INSEE Première, 1025).

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